interdire ou ne pas interdire?

Interdire ou ne pas interdire, c’est un débat vieux comme le monde. On pourrait même dire qu’il remonte aux Grecs ! Platon défendait l’idée que le spectateur va imiter la violence mise en scène, Aristote affirmait qu’elle pouvait au contraire le libérer de sa propre violence
en France, on en discute depuis les années 60 !
Vous voulez des dates ?
en 1968 un meurtrier explique déjà son geste par l’influence d’un documentaire sur un meurtre du même type
en 1976, un débat des « Dossiers de l’écran » sur les crimes sexuels est anulé sous la pression de Michel Poniatowski, ministre de l’intérieur
en 1980 les trois premières chaînes françaises publient en commun un Livre blanc sur le sexe et la violence à la télévision
en décembre 1988 une députée nomée Ségolène Royal dépose un amendement au projet de loi sur la liberté de la communication pour limiter la violence à la télévision
en mai 1989 François Mitterrand déclare qu’il est préoccupé par la violence à la télévision et ses effets sur les enfants
en 1996 Alain Juppé, premier ministre, s’irrite de la violence à la télévision et le président du CSA, Hervé Bourges lui répond que la télévision n’est que le reflet de la société, conséquence on met en place une signalétique de catégorisation des programmes
en 1997, la programmation à une heure tardive du film de Bertrand Tavernier L’Appât est anulée
en 1998 Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’intérieur, parle des « petits sauvageons qui vivent dans le virtuel ».
en mars 2002, la même Ségolène Royal qui a failli être notre présidente de la république annonce sa volonté de lutter contre la « maltraitance audiovisuelle des jeunes ».
Ce débat revient régulièrement, surtout quand les images apparaissent « contagieuses » comme lorsque des adolescents ont incendié un bus à Marseille, et brûlé gravement une jeune fille. Ils l’ont fait par imitation parce qu’ils avaient vu des images de voitures brûlées à la télé. Encore une fois, c’est la banalisation de la violence dans les médias qui est en question.

6 commentaires pour interdire ou ne pas interdire?

  1. blackdahlia dit :

    Il y a eu un moment où on voulait interdire le porno à la télévision, mais maintenant il y a internet. Quelle que soit l’issue du débat, les ados savent
comment se procurer des vidéos et le CSA n’a pas de pouvoir sur ce qu’ils peuvent trouver sur Internet. De toute façon la dérive vers la violence sexuelle ou autre n’est que le reflet des comportements des adultes. Vouloir censurer le porno, les films violents, ça ne rime à rien si ce n’est à dire que le porno et les films violents sont les seuls responsables des maux des ados !
    Finalement le cinéma ou les récits d’épouvante aident à surmonter ses peurs, à les dépasser. Les ogres des contes de fées et les giclées de sang dans les films d’horreur d’aujourd’hui représentent exactement la meme chose. C’est pas parce qu’un ado regarde des images cochonnes sur internet qu’il sera plus tard un violeur pédophile.

  2. TSF dit :

    L’association e-enfance
    http://www.e-enfance.org/
    cherche à faire peur aux parents avec ses slogans : « Grâce à son blog, Louise va tourner dans un porno », « Ce matin, Kamel et Lucas découvrent le sadomasochisme ».
    Mais il faut dire que les parents sont en grande majorité complètement ignorants des dangers qui guettent leurs bambins sur la Toile.
    85 % des parents connaissent l’existence des logiciels de contrôle parental, mais ils ne sont que 28 % à les avoir activés !
    Le nombre de témoignages sur le visionnage d’images de violences sexuelles aggravées aurait en effet quadruplé en trois ans. Ces images sont de plus en plus dissimulées sous des adresses internet proposant soi-disant des photos de vacances, rapporte l’ Internet Watch Foundation
    http://www.iwf.org.uk/

  3. Marieke dit :

    A vous lire tous, on ne sait plus quoi faire, on a l’impression d’être complètement impuissants.

  4. Bufo dit :

    L’ennui avec internet, c’est que tout le monde tchatche dans son coin et qu’on avance sans avancer, pour ne pas dire qu’on tourne en rond. Je vois sur ce blog des choses que j’ai déjà lu dans des dizaines d’autres blogs etc etc. Bon, c’est comme ça. Je voudrais aller dans le sens de ce que dit passionnata et aussi Luna.
    Passionnata veut choisir ce qu’elle regarde. Je vois ce que tu veux dire par rapport à la prise de conscience. Il y a une violence subie et une violence qu’on choisit de regarder. Un film violent peut être une violence choisie, et tu choisis de continuer à la regarder et de ne pas zapper pour aller regarder Mickey Mouse. C’est la même chose pour les jeux video, tu choisis manhunt, fallout ou Carmageddon Devil May Cry. Dans les deux cas, la violence est choisie. La violence subie, c’est quand t’y assistes, et que tu peux pas zapper, que tu peux pas faire autre chose, ou bien quand t’en es victime.

  5. Pivoine dit :

    Je pense qu’on a besoin de voir jusqu’où la violence peut aller, on a besoin de savoir même si on ne comprend pas comment c’est possible. Je pense que ça fascine d’autant plus les gens pacifistes, car ca, ca reste un mystère, le comportement violent c’est pour moi un gros point d’interogation, je comprend pas et donc ca m’interesse, donc je regarde…
    Et après je me demande, y a t-il une réélle expension de la violence? Ou est-elle seulement plus médiatisée?

  6. terpiekje dit :

    Bonjour à tous.
    Je voudrais en revenir à l’influence des images violentes, qu’elles soient réelles, fictives ou virtuelles, sur nos comportements. Des chercheurs ont montré que l’exposition aux images violentes peut augmenter la probabilité d’avoir un comportement violent.
    Si on est exposé régulièrement, le schéma « être violent » sera tout le temps activé. Et l’enfant sera plus facilement enclin à utiliser ces schémas comportementaux plutôt que d’autres.
    Je reprends le compte-rendu d’une recherche que j’ai lu sur internet :
    Sur 44 adolescents âgés de 13 à 17 ans choisis au hasard et n’ayant pas de problèmes de comportement, ils en ont fait jouer une première moitié du groupe pendant 30 minutes à un jeu vidéo présentant un héros dans un combat militaire hyper violent. L’autre moitié jouait au même moment à un jeu vidéo non violent, mais prenant.
    Ils ont ensuite effectué une série de tests afin de mesurer leur concentration et leur inhibition.
    Le premier groupe a montré une plus grande activité dans le siège de l’excitation émotionnelle du cerveau.
    Le deuxième groupe a montré une plus grande stimulation de la partie préfrontale de leur cerveau liée à la concentration intellectuelle et au contrôle de soi.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :