arrivée

J’ai renoncé à publier dans les commentaires précédents les messages de celles et ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu venir à Bruxelles (merci à Luna, TSF, Sergio20239, blackdahlia, Shiva, seulette et aux autres pour leurs encouragements ou leurs excuses). Comme convenu, pendant ce week-end, c’est l’auteur de l’Organon, cette compagnie théâtrale suisse qui s’intéresse à notre quête, qui fera le compte-rendu. Je lui cède la parole en toute liberté.
Elena

Bonjour à toutes et à tous. Je vais donc tenir le journal de ces deux journées. Je ne ferai pas de littérature sur ce blog. La littérature, je la réserve, si je puis dire, à la compagnie de l’Organon qui répète sur les bords du lac Léman, à Vevey exactement, la pièce écrite en quelque sorte « en direct » à partir de ce que je vois.

le-roeulx.jpg

La rencontre à Bruxelles a été difficile. D’abord parce que Monique Biesebrouk, qui devait nous attendre avec une pancarte Image&Action n’a pu venir à cause d’un problème mécanique. Personne n’ayant les numéros de portable des autres, c’est Morton Garrett qui a eu l’idée de confectionner une pancarte de fortune, servant ainsi de repère aux autres qui tournaient en rond en regardant les voyageurs autour d’eux sans oser les aborder !
D’un commun accord, il a été décidé que les pseudonymes du blog continueraient d’être utilisés ici pour désigner les quatre personnes qui ont fait le voyage de Bruxelles : Morton Garrett, Tullio di Mauro, Elena Makropoulos, Margaret Petticoat. J’ignore d’ailleurs leurs véritables noms.

Morton Garrett est plutôt imposant mais pas enveloppé, francophone en dépit de son pseudo. Tullio di Mauro est mince sinon maigre, parle avec un accent canadien. Elena Makropoulos (son pseudo signifie-t-il qu’elle apprécie les opéras de Janaeck ?) a une quarantaine d’années, vive, drôle, tandis que Margaret Petticoat est très jeune et parle avec un accent que je suis incapable de définir. La rencontre ne s’est pas faite sans une gêne inévitable en pareil cas : on imagine toujours les autres différemment d’après leurs commentaires.
Après la première rencontre à l’aéroport, ils se sont séparés. Tullio di Mauro est allé retrouver Monique Biesebrouk au Roeulx, Elena Makropoulos est partie pour Liège où elle devait retrouver « terpiekje » qui est psy, Margaret Petticoat devait rencontrer un magistrat qui avait suivi le cas du gamin. (Je dis « le gamin » mais il est à présent majeur, il était encore mineur pour peu de temps au moment des faits.)

Après un passage à l’hôtel (Hôtel A la Grande Cloche, place Rouppe, mais Margaret Petticoat décide de changer et d’aller dans un hôtel plus en rapport avec ses moyens, à l’Hôtel Barry, place Anneessens), je décide de suivre Tullio di Mauro au Roeulx, à 45 km au sud de Bruxelles. Maisons de briques, certaines anciennes. Rien de triste comme je me l’imaginais. Nous attendons Monique Biesebrouk devant la maison communale du 19e siècle, pour repartir vers un village proche. Un arrêté du bourgmestre du Roeulx, monsieur Friart, ordonne, devant la recrudescence de chiens en liberté dans la commune, le recensement au bureau de M. Verbeiren « des chiens potentiellement dangereux », sous peine d’une amende de 250 €.

Monique Biesebrouk a les cheveux presque blancs à force d’être blonds, entre quarante et cinquante ans. Solide bon sens quand Mauro qui n’a pas cessé de récriminer depuis le départ de Bruxelles met en doute une nouvelle fois la véracité de cette histoire. Nous prenons sa voiture pour nous rendre dans un village voisin où elle va nous montrer la maison. Elle a emprunté la clé à l’architecte, la maison a été vendue et des travaux de rénovation ont commencé. Pendant la visite, Mauro filme l’intérieur de la maison. Pour la première fois depuis notre rencontre à l’aéroport, je le vois impressionné.
Voici la vidéo tournée par Mauro.

Je ne sais pas conduire, c’est donc Mauro qui nous ramène à Bruxelles, à présent volubile mais encore sceptique quant à la vidéo. La grisaille du matin s’est dissipée, le ciel est nuageux. Monique Biesebrouk nous a dit que nous avions de la chance après les pluies continuelles des derniers jours.
Mauro, Elena, Margaret Petticoat et Morton Garrett se retrouvent à l’hôtel. Je parle le moins possible pour rester un observateur à la fois dedans et dehors. De l’entretien de Margaret avec le magistrat, il ressort que le gamin (c’est ainsi qu’ils l’appellent et je ferai dorénavant pareil) a fait l’objet d’un examen psychiatrique dont le résultat a été contradictoire. Le gamin a pourtant insisté pour être jugé mais pendant le procès qui s’est déroulé à huis-clos (A. était mineur au moment des faits) il n’a pas dit un mot. A l’issue de ce procès « inutile » selon le magistrat, A. a été interné dans l’établissement de défense de la société des Marronniers à Tournai où il se trouve depuis lors. Morton Garrett a retrouvé quelques articles de journal, plutôt des entrefilets, que je publierai sur le blog dès que je pourrai les scanner.
La rencontre d’Elena avec « terpiekje » à Liège a été plus fructueuse. Ils doivent se retrouver demain dimanche à Tournai. Je devrais dire aujourd’hui : j’écris ce premier compte-rendu dans ma chambre d’hôtel, et il est deux heures du matin. Dans la chambre voisine, celle d’Elena, j’entends vaguement le son de leurs voix. Ils ont entamé tout à l’heure une conversation quelque peu personnelle sur des souvenirs d’enfance, j’ai préféré me retirer.
MB

3 commentaires pour arrivée

  1. terpiekje dit :

    Je souhaite apporter une correction à ce que l’auteur de la compagnie de théâtre suisse a écrit. A. a été interné dans un établissement de défense sociale, à ce titre il dépend du ministère de la justice (SPF justice). La loi belge de « défense sociale à l’égard des anormaux et des délinquants d’habitude » date de 1930. Cette loi veut assurer la protection de la société et en même temps prodiguer aux internés des soins adéquats. En 2006, sur la dizaine de milliers de détenus en Belgique, 4000 sont à la charge des 8 commissions de défense sociale, mais 1255 sont effectivement enfermés à Paifve, à Mons… les autres sont dans un service d’hébergement.
    Je n’ai pas appartenu à la commission qui a débattu du cas de A. mais je sais que certains de mes collègues se sont opposés à son internement dans un CHP sous le régime de la loi de défense de la société. La dangerosité de A. est plus qu’improbable. C’est presque toujours le cas lorsqu’il s’agit d’un parricide ou d’un matricide, il n’y a pas de récidive. Mais comment « punir » son acte ? Que signifie d’ailleurs une peine quelconque lorsqu’il n’y a aucun horizon pour la réinsertion ? Il me semble que d’autres collègues ont été influencés par le caractère surdéterminé du crime de A. Ce qui m’a troublé dans son cas est la revendication obsessionnelle de A. pour qu’il soit jugé et son attitude apparemment indifférente lors de son procès. Ce mutisme est resté pour moi une énigme alors que A. a de façon véhémente manifesté son désir d’être jugé.

  2. felsenstin dit :

    Je ne comprends toujours pas comment vous allez faire un spectacle de théâtre avec ça.

  3. Hautenauve dit :

    Je suis choqué par ce que vous écrivez à propos du Roeulx.
    D’abord sur notre ville. Pourquoi est-ce qu’elle aurait due être « triste » ? Puisque vous n’avez passé qu’une heure ou deux chez nous, pourquoi écrivez-vous des choses pareilles ? Je vous conseille au moins d’aller faire un tour sur le site de Jean Leclercq pour vous faire une meilleure idée de notre ville et de donner envie d’y venir aux gens
    http://users.skynet.be/leclercq/
    Ensuite parce que Le Roeulx n’est en rien responsable de cette tragédie. On a vu des tas de journalistes et même la télévision, comme s’il y avait quelque chose dans notre ville qui aurait provoqué ça. Des rumeurs, il y en a eu beaucoup après et des pas intéressantes. Comprenez-vous qu’on n’a pas envie d’en parler? Cette famille était honorablement connue chez nous. La tante du jeune homme est l’épouse d’un brasseur. Le père mort subitement il y a quelques années était connu lui aussi dans la mécanique. La mère s’est montrée extrêmement digne dans son veuvage, ainsi que les deux filles.

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