vendredi (Brooklyn, New York)

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L’averse nous surprend juste au moment où nous nous retrouvons chez Ozzie’s.
Le temps est à l’orage, l’air est moite, 71% d’humidité.
Nous sommes arrivés hier soir à JFK Airport par le vol AA 121 au départ de Roissy Charles de Gaulle, il était impossible de partir de Bruxelles.
Mauro n’a pas dormi. Il n’a pas voulu changer son billet de retour vers Montréal. Comme il n’est pas passé chez lui,ses vêtements sont passablement fripés, il est de méchante humeur. Elena et Morton Garrett qui ont trouvé des chambres à l’Holiday Inn Express proche, sur Union Street et 4th, râlent contre le prix faramineux de la nuitée. Cette quête commence à revenir très cher.
Pour une fois, Margaret a l’air sereine : elle qui se fait des amis partout a trouvé un hébergement chez des connaissances. Mauro a un cousin chauffeur de taxi chez qui il logera cette nuit.

« John Doe » est grand, gay, porte un tee-shirt avec l’inscription NYU et un anneau d’or à l’oreille droite. Il nous accueille chaleureusement, nous offre un capuccino, excellent – je recommande aussi les muffins. Lorsqu’il se met à nous détailler sur son computer les horaires d’arrivée des chiens depuis fin mars 2007, jour, heure, minute, seconde, Margaret me regarde et se frappe la tempe. Mauro n’écoute pas et considère d’un air lugubre le carrefour de Garfield et de 5th sous la pluie battante. Il fait remarquer qu’il est 9 heures et que ce n’est pas un temps à mettre un chien dehors. Personne ne rit. Morton Garrett et Elena semblent se demander ce qu’ils font là en écoutant les explications détaillées de John Doe.

09:05:47, l’averse cesse et la chienne jaune paraît, elle est trempée et sale. De minute en minute, les chiens arrivent dans l’ordre habituel. John Doe nous fait cependant remarquer que le Schnauzer (pour autant qu’on puisse le qualifier ainsi) est arrivé 3 minutes après le Doberman à la démarche en crabe. La meute grossit de minute en minute. Mauro lui-même qui déclarait quelques minutes plus tôt être comme saint Thomas demeure silencieux.
Le taxi commandé pour Mauro et Elena est là. John Doe nous fait signe de venir. Il a son vélo dehors, contre la rampe qui sert aux livraisons – et aux poussettes. Il est 09:20. Morton Garrett qui s’approche trop près en voulant prendre une photo de la meute se fait légèrement mordre au mollet par la chienne jaune. On voit bien qu’il s’agissait juste d’une morsure d’intimidation, un avertissement comme « Occupez-vous de vos affaires ».
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Ces chiens sentent affreusement mauvais, leurs yeux sont sanguinolents, l’un d’eux bave du sang sans qu’il paraisse en souffrir. John Doe est déjà sur son vélo et attend, casque de cycliste sur la tête.

A 09:26, la chienne jaune qui s’était couchée devant Brooklyn Kitchens & Baths relève la tête comme si elle avait entendu un signal inaudible pour nous et descend à toute allure Garfield Place suivie par la meute.
John Doe s’élance derrière les chiens sur son vélo, et nous courons derrière. Nous devons présenter un drôle de spectacle. Morton Garrett est assez vite dispensé à cause de sa corpulence, Margaret commence à s’essouffler (le tabac, sans doute).

Tout en courant je note le parcours sur mon carnet. Le voici :
Garfield Place – à gauche sur 4th Avenue, puis à droite sur 3nd Street. Nous franchissons le canal, à gauche sur Smith Street où je dois m’arrêter hors d’haleine. Nous apprendrons par la suite que les chiens ont inauguré ce jour-là une variante, retrouvant ensuite leur itinéraire habituel : Huntington Street – Richards Street – Sullivan Street.
Je publierai un plan de cet itinéraire quasi invariable dès que je saurai mieux manipuler les fonctions de ce blog.
A Sullivan Street, où attendent Morton Garrett et Elena, trop confiants dans le fait que la rue se termine en impasse sur le port, les chiens suivis de près par John Doe sur son vélo, s’enfilent l’un à la suite de l’autre par le trou d’une palissade menant à des docks. L’endroit est désert. Elena et John Doe finissent par dénicher deux employés, un noir, l’autre hispanique, qui n’ont rien vu. Elena et John Doe notent l’heure : il est 10:15.
Rentrée à l’Holiday Inn, Elena téléphone au CHP Les Marronniers de Tournai : le gamin a commencé à crier et à se recroqueviller de douleur à 16:42 heure locale, soit une demi heure après que les chient ont disparu à Red Hook.
Nous décidons de revenir demain et de fouiller la zone entre Sullivan Street et Wolcott Street, bien que nous ne nous fassions guère d’illusions sur la possibilité d’explorer ces dépôts de containers et ces friches industrielles.
MB

2 commentaires pour vendredi (Brooklyn, New York)

  1. Margaret dit :

    Je remercie Bufo, TSF et Shiva qui se sont cotisés pour me payer une partie de mon billet.

  2. northern_star dit :

    Alors, là, moi, ça me laisse sans voix.

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