l’image va-t-elle remplacer la réalité?

18 août, 2007

J’ai lu un article sur cette question, à propos d’un penseur du nom de Baudrillard. Je cite de mémoire parce que cette idée m’avait frappée : le mouvement de la souris sur l’écran remplace le mouvement physique individuel, c’est-à-dire que peu à peu ce qui est pour nous la réalité disparaît et s’efface derrière l’image.
Monique Biesebrouk a raison, monsieur (?) Tullio di Mauro. Ce n’est pas en restant devant votre écran d’ordinateur que vous saurez la « vérité ». Et Marieke ressent aussi le besoin comme elle dit « d’aller y voir de plus près ». C’est aussi le souhait d’en savoir plus manifesté par Morton Garrett. Nous savons bien que nous n’en saurons pas plus ainsi. Dès le début, sur ce blog, nous avions décidé avec « terpiekje » et deux ou trois autres avec qui nous correspondons régulièrement parce que nous nous connaissons un peu (uniquement par internet) que nous essaierions de mener une réflexion collective. Aussi je propose à ceux qui le peuvent et qui le veulent d’aller voir les lieux où le garçon a commis son acte pour essayer d’y voir plus clair et de continuer notre réflexion ensemble avec nos différentes personnalités et nos différentes expériences. Je sais que ce n’est pas une proposition courante mais je crois que c’est le seul moyen pour avancer. Monique Biesebrouk est d’accord pour nous réserver des chambres d’hôtel et nous piloter dans la région et nous faire rencontrer des gens qui ont connu la famille. On ne va pas refaire une enquête de police, elle a déjà été faite ! c’est une enquête pour COMPRENDRE. Je propose de nous retrouver pour ceux qui n’habitent pas trop loin de la Belgique à L’AEROPORT INTERNATIONAL DE BRUXELLES, au point de rendez-vous, le SAMEDI 25 AOUT à 14 heures.
Je remercie aussi John Doe qui nous tiendra informés de son étude sur la dangerosité des jeux video et qui nous donne des nouvelles des chiens de Brooklyn.
Monique Biesebrouk a joint à son message la photo de la maison où s’est passé le drame. Je la poste ici, les documents joints ne pouvant apparaître dans les commentaires.

la-maison.jpg


mise en scène d’un matricide

27 juillet, 2007

Il y a les images violentes, mais on ne parle pas assez de la violence des images qui ne le sont apparemment pas. J’ai découvert par hasard sur dailymotion cette vidéo de quelques minutes.

On y voit un garçon d’une vingtaine d’années qui raconte de façon assez incohérente mais parfaitement maîtrisée comment il a tué sa mère ! Pourquoi a-t-il mis en ligne cette video ?
A-t-il voulu imiter cet étudiant coréen qui a tué 33 étudiants de l’université Virginia Tech aux Etats-Unis ? (Cho Seung-Hui avait expédié à NBC des vidéos le montrant en train de brandir les mêmes armes qu’il allait utiliser pour le massacre ?)
Ou est-ce plutôt une tentative de s’expliquer ? de nous expliquer pourquoi il a fait un tel geste ? peut-être d’essayer de s’expliquer son geste à lui-même ? Pourquoi éprouve-t-il le besoin de se filmer et de faire partager à tous le récit de son geste? Qu’est-ce que ça veut dire?
En tous cas, il raconte avec le plus grand calme comment il a étouffé sa mère. C’est incroyablement violent, parce que ce n’est pas violent du tout.


est-ce qu’on peut tout voir?

14 juillet, 2007

Je vais revenir en arrière pour répondre à ce que western_sushi écrivait il y a quelques jours. Je vais répéter ce que disait M-J Mondzain dont je citais le petit bouquin au début : elle dit que le risque, c’est de réduire le spectateur au silence. S’il est réduit à l’inertie, c’est qu’il n’a plus la possibilité de choisir. En conclusion mettre l’image seule en accusation est absurde. De toute façon l’image interdite revient par internet ou par le câble. Il faut donc une véritable éducation à l’image pour que les gens soient capables de faire la distinction entre réalité et fiction. Si l’enfant est accompagné il peut tout voir. Et parfois c’est une éducation qui se passe dans les deux sens, parce que sur l’image, les enfants en savent souvent plus que nous.


« la violence, c’est comme un double big mac… »

5 juillet, 2007

J’ai trouvé cette phrase sur je sais plus quel forum : « la violence qui engendre la violence, c’est comme un double big mac, sur le papier c’est gras, pourtant c’est pas le double big mac en soi qui fait grossir, c’est une certaine façon de vivre. »


interdire ou ne pas interdire?

29 juin, 2007

Interdire ou ne pas interdire, c’est un débat vieux comme le monde. On pourrait même dire qu’il remonte aux Grecs ! Platon défendait l’idée que le spectateur va imiter la violence mise en scène, Aristote affirmait qu’elle pouvait au contraire le libérer de sa propre violence
en France, on en discute depuis les années 60 !
Vous voulez des dates ?
en 1968 un meurtrier explique déjà son geste par l’influence d’un documentaire sur un meurtre du même type
en 1976, un débat des « Dossiers de l’écran » sur les crimes sexuels est anulé sous la pression de Michel Poniatowski, ministre de l’intérieur
en 1980 les trois premières chaînes françaises publient en commun un Livre blanc sur le sexe et la violence à la télévision
en décembre 1988 une députée nomée Ségolène Royal dépose un amendement au projet de loi sur la liberté de la communication pour limiter la violence à la télévision
en mai 1989 François Mitterrand déclare qu’il est préoccupé par la violence à la télévision et ses effets sur les enfants
en 1996 Alain Juppé, premier ministre, s’irrite de la violence à la télévision et le président du CSA, Hervé Bourges lui répond que la télévision n’est que le reflet de la société, conséquence on met en place une signalétique de catégorisation des programmes
en 1997, la programmation à une heure tardive du film de Bertrand Tavernier L’Appât est anulée
en 1998 Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’intérieur, parle des « petits sauvageons qui vivent dans le virtuel ».
en mars 2002, la même Ségolène Royal qui a failli être notre présidente de la république annonce sa volonté de lutter contre la « maltraitance audiovisuelle des jeunes ».
Ce débat revient régulièrement, surtout quand les images apparaissent « contagieuses » comme lorsque des adolescents ont incendié un bus à Marseille, et brûlé gravement une jeune fille. Ils l’ont fait par imitation parce qu’ils avaient vu des images de voitures brûlées à la télé. Encore une fois, c’est la banalisation de la violence dans les médias qui est en question.


Scream

27 juin, 2007

scream_.jpgOn parle beaucoup de Scream sur ce blog. Mauro parlait du masque qu’on voit dans Scream, en vente dans tout bon magasin de farces et attrapes. Il posait le problème du courage politique. Mais peut-on s’opposer de front aux forces du marché?


l’image est-elle nuisible?

3 juin, 2007

Qui sommes-nous ?
Bonjour à tous et bienvenue sur ce blog. Ici, vous trouverez un espace convivial, basé sur deux notions: l´échange et le partage. Nous avons tous à apprendre les uns des autres. Le but de ce forum est de faire partager nos expériences vécues, nos réflexions sur l’image, son rôle dans la société et sa dangerosité potentielle de manière à avancer dans nos pratiques comme dans notre vie quotidienne. Qu’ils appartiennent ou non aux professions de l’image, ou qu’ils soient « usagers » des images comme tout le monde, les contributions de tous sont souhaitées. A bientôt.

Je voudrais commencer ce blog par une citation de Marie-José Mondzain. M.-J. Mondzain a écrit un livre intitulé « L’image peut-elle tuer ? » C’est un petit bouquin très lisible par tout le monde, très utile pour nous tous. J’en tire quelques citations :

« L’image est le reflet du monde dans lequel nous sommes… on a basculé dans une logique de surenchère spectaculaire depuis la Seconde Guerre mondiale… Si nous voulons cohabiter dans un monde vivant et vivable, il faut donner à chacun les moyens et les chances de parler, de penser, de juger face à ce qu’on nous donne à voir… »
Elena.Makropoulos