mercredi

29 août, 2007

Au réveil, la température est fraîche, à peine 10° me dit-on à la réception de l’hôtel. Au petit-déjeuner, tout le monde est pensif. Les animosités habituelles et les petits agacements paraissent oubliés.
La conversation tourne autour des mystérieuses morsures du gamin. Il y a là un mystère : le gamin est seul dans sa chambre au CHP Les Marronniers et s’il ne peut pas s’infliger à lui-même ces morsures, qui le fait ?
En nous quittant, la veille au soir, terpiekje avait évoqué l’exemple d’Anne Catherine Emmerich, une mystique du 19e siècle, qui revivait dans son corps la passion du Christ : le sang coulait de son front, une plaie s’ouvrait à son côté, des stigmates apparaissaient à ses mains et à ses pieds. La bibliothèque royale de Belgique est fermée entre le 27 août et le 1er septembre. Mauro va courir les librairies et tenter de trouver des ouvrages sur le sujet.
Elena et Morton Garrett sont partis au Roeulx voir la maison qu’ils ne connaissent que par la vidéo de Mauro. Margaret boude quelque part.

En fin d’après-midi, conseil de guerre dans la chambre d’Elena. Margaret fume en dépit des protestations. Elena vient seulement de regarder les mails en attente d’approbation sur le blog et les a approuvés sans les lire vraiment. Elle est tombée sur le mail de « Felsenstin » qui attirait l’attention sur l’envoi de « John Doe » posté plus tôt.

Aucun d’entre nous n’ose croire à la possibilité d’une relation quelconque entre les morsures que le gamin subit dans sa chambre d’hôpital psychiatrique à Tournai et le rassemblement d’une meute de chiens errants à Brooklyn.
Il nous faut pourtant nous rendre à l’évidence. Les chiens disparaissent dans Red Hook autour de 10:30 heure locale. Le décalage horaire entre New York et Tournai est de 6 heures. Elena s’est aussitôt renseignée auprès du Dr F. : à une ou deux exceptions près ( 19 août, 10 heures du matin, 27 août, 11 heures), les crises du gamin ont la plupart du temps commencé vers 17 heures, c’est-à-dire à peu près au moment où les chiens disparaissent à Brooklyn.
Désarroi et incrédulité de Mauro, Margaret et Morton Garrett à la lecture de cet horaire quasi immuable.
Les billets sont réservés. Nous partons demain pour New York.
MB

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mardi (suite)

29 août, 2007

Désolée pour Pivoine et northen_star qui attendaient le compte-rendu de la journée d’hier. L’auteur suisse a préféré prendre un peu de recul avec qui s’est passé hier.
Elena

Longue conversation sur la Défense sociale en Belgique avec « terpiekje », grand et mince, calme, calvitie et barbe courte, pendant le trajet dans sa voiture vers Tournai. Humour désabusé quand je lui demande s’il est psychiatre comme le supposait un des intervenants du blog : il répond avec un sourire oblique qu’il est psychopompe, guide des âmes à travers leurs enfers.
terpiekje reste évasif quand Elena lui demande comment le gamin a pu se blesser dans un département fermé aussi contrôlé. Il répond seulement que le personnel soignant n’est pas en cause et que le médecin responsable nous en parlera s’il le souhaite.
Nous voici de nouveau au CHP des Marronniers. Le Dr B. nous reçoit avec le Dr F. terpiekje s’installe discrètement au fond du bureau. Le Dr B. rassure Elena : elle n’a pas provoqué, même indirectement, la crise d’hier. A. a été coutumier de pareilles crises dans le passé, semblables à celles-ci : hallucinations terrifiantes, hurlements de terreur et de douleur. Le Dr B. sort le dossier médical du gamin, cite : 25 mars, 26 mars, 27, 28, ensuite les crises s’espacent, puis reprennent irrégulièrement à partir du 15 juillet. Il espérait qu’une visite le sortirait de son monde refermé sur la mort (A. s’imagine qu’il est mort et qu’il pourrit)
Morton Garrett demande si les blessures du gamin ont quelque chose à voir avec ses crises. Les docteurs et terpiekje se regardent, hésitent à répondre.
Finalement le Dr B. nous présente des photographies montrant de terribles plaies aux mains et aux avant-bras : ce sont des morsures, on voit nettement les traces des dents. Il s’est infligé à lui-même des morsures ? Impossible, certaines sont localisées dans des parties du corps hors de portée de sa bouche. J’obtiens l’autorisation d’emporter deux des photos pourvu que le secret médical soit préservé.

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Retour à Bruxelles. A l’arrière, Elena et Morton Garrett ne cessent de formuler des hypothèses aussi saugrenues les unes que les autres, terpiekje refuse de s’engager.

A l’hôtel à Bruxelles, Margaret et Mauro qui étaient allé aux studios de la RTBF Boulevard Reyers ne sont toujours pas rentrés. Mauro revient seul. Margaret finit par réapparaître, maussade. A la RTBF, ils ont pu décrypter l’enregistrement en éliminant les bruits parasites.
Nous essayons de transcrire phonétiquement la phrase prononcée par le gamin (par qui d’autre ?) pendant la crise. Ça donne quelque chose comme :
« (?)ra fulax(?) métros (?) ecotou cuna(s?) »
La virulence avec laquelle Margaret met en doute notre interprétation me laisse penser qu’elle et Mauro ont eu des mots. « Il ne fallait pas venir si vous n’êtes pas capable de vous conduire normalement en société, il valait mieux rester devant votre ordinateur » dit finalement Mauro.
Nous cherchons en vain à trouver un sens à cette phrase ainsi qu’à l’exclamation, en français cette fois, mais recouverte par des bruits qui la précède. Nous renonçons. Chacun occupe sa soirée séparément. On ne peut plus rendre visite au gamin dans son état. Demain chacun rentrera chez soi, fin de l’aventure.
MB


mardi

28 août, 2007

Dès le matin, tension palpable entre Elena et Margaret qui nous rejoint au petit-déjeuner, elle prétend que le petit-déjeuner dans son propre hôtel est « une improvisation ». Tension également entre Margaret et Mauro. Morton Garrett semble un peu perdu. Elena annonce qu’elle restera encore un ou deux jours en Belgique pour prendre des nouvelles du gamin. Après avoir dit qu’il partait, Mauro a finalement décidé de rester encore aujourd’hui. Margaret a décidé de changer une nouvelle fois d’hôtel.
En attendant des nouvelles de Tournai, pour détendre l’atmosphère, je fais entendre l’enregistrement de la conversation de la veille entre le gamin et Elena. Elena m’avait confié cet enregistrement pour que j’en fasse la transcription.
Au moment de la crise, on entend des bruits confus, les cris inarticulés du gamin, des cris de douleur, sans doute une chaise qui tombe – ce qu’Elena confirme – et puis, très faiblement, une voix qui n’est pas la voix du gamin et qui n’est pas non plus la voix d’Elena. Elena assure qu’elle était muette de peur et qu’il n’y avait personne d’autre dans la pièce. Nous repassons l’enregistrement à plusieurs reprises et concluons que ce n’est pas du français, peut-être du flamand ? Morton Garrett convainc difficilement Margaret de reprendre contact avec la RTBF pour essayer de décrypter cette phrase balbutiée par le gamin. Cette jeune femme est décidément pleine de ressources. Elle fait pourtant des difficultés, n’arrête pas d’entrer et de sortir pour aller fumer cigarette sur cigarette dans la rue. Elle ira avec Mauro Bd Auguste Reyers.
MB


lundi

27 août, 2007

Retour à Tournai par le train de 8h34, arrivée à 9h57. Finalement Mauro n’est pas parti et nous accompagne mais se contente de regarder l’hôpital des Marronniers de loin et déclare qu’il nous attendra à la gare. Morton Garrett a lui aussi décidé de reculer son retour mais refuse d’entrer dans la pièce où Elena parle avec le gamin et se promène avec moi autour des bâtiments.

Elena nous rejoint très vite. Brusquement, alors que rien ne le laissait prévoir et qu’ils parlaient un peu plus en confiance que la veille, le gamin a montré quelque chose dans la pièce, s’est mis à crier puis s’est accroupi dans un angle de la pièce, se protégeant de ses bras. Il était terrorisé. Il a fallu lui administrer un sédatif. Elena précise qu’à ce moment elle était seule dans la pièce avec lui et qu’il n’y avait rien dans la direction indiquée par le gamin.

Nous cherchons un restaurant, mais beaucoup paraissent fermés le lundi. Nous finissons par en trouver un, le Bistrot de la Cathédrale, mais Elena, très choquée par la scène à l’hôpital, ne peut rien avaler.

Nous rentrons à Bruxelles par le train de 15h09, arrivée à Bruxelles Midi à 16h46. Pendant le voyage, Elena raconte à plusieurs reprises la scène. Mauro paraît sceptique et demande s’il ne s’agissait pas d’une simulation, ce qu’Elena dément avec force. L’inquiétude de l’équipe soignante, qu’on ne trompe sans doute pas facilement, était d’ailleurs visible. Elle racontera encore une fois la scène à Margaret. (J’ai oublié de dire hier que Margaret avait décidé de changer d’hôtel, elle trouve que l’Hôtel Barry est mal tenu et bruyant. Elle a donc déménagé au Royal Hôtel, Bd du Jardin botanique.)
Morton Garrett reproche à Elena d’avoir causé la crise du gamin en le provoquant sur son acte. Elena invoque la réponse rassurante de l’équipe soignante : elle n’y est pour rien, le gamin semblait au contraire un peu sortir de son apathie.

Margaret a visionné les images de la RTBF. Rien d’intéressant, si ce n’est les déclarations extrêmement violentes de la tante et des sœurs, à l’extérieur du palais de justice, pendant le procès qui se déroulait pourtant à huis-clos. On ne voit qu’elles sur les images. Cette dernière remarque de Margaret entraîne une vive dispute avec Elena. Enfreignant la règle que je m’étais fixée de ne pas intervenir, j’essaie de calmer le jeu en rappelant l’observation faite par Morton Garrett à notre entrée aux Marronniers.
En arrivant, Morton Garrett a vu aux mains et aux bras du gamin des bandages qu’il ne portait pas hier. Il le fait remarquer aux soignants qui semblent gênés. Ce sont des gens dévoués, ils ne veulent pas laisser entendre qu’ils ont été négligents et que le gamin a tenté de se suicider ou s’est gravement blessé par leur faute. En fait il porte des plaies aux mains et aux bras ainsi qu’aux chevilles. L’équipe soignante se déclare incapable de comprendre comment il s’est fait ces blessures qui les inquiètent car elles sont profondes et ont tendance à s’infecter.
Morton Garrett et Mauro dînent séparément. Elena s’est enfermée dans sa chambre et Margaret est partie emménager dans son nouvel hôtel dont je suis incapable de donner l’adresse.
MB


dimanche

27 août, 2007

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Ce matin nous avons vu le gamin ! Ou plutôt Elena a parlé avec lui. Grâce à « terpiekje », nous avons pu obtenir la permission de lui rendre visite. D’habitude le visiteur doit engager des démarches administratives compliquées (autorisation du directeur de l’annexe psychiatrique de la prison d’attache, certificat de bonne vie et mœurs etc.) Mais il n’y a que la sœur aînée pour rendre visite à son frère une fois tous les deux mois, elle n’habite plus en Belgique. Le reste du temps, le gamin vit dans un complet isolement en dépit des efforts méritoires du personnel hospitalier. En effet, le gamin semble s’être abstrait du monde extérieur, disent les soignants qui nous ont réservé un accueil plutôt sympathique, contents que cette visite remplisse un peu la journée vide du jeune homme. Efforts méritoires aussi parce que le gamin ne mange pas, ne se lave pas si on ne lui demande pas expressément de le faire. « Est-ce que les morts se lavent ? » répond-il invariablement à l’infirmier. Il obéit aux ordres, accomplit les travaux qu’on lui demande de faire, mais demeure passif, emmuré.

Je reprends le récit de la journée. A Bruxelles, Hôtel de la Grande Cloche, nous nous éveillons sous la grisaille qui disparaîtra finalement en cours de journée. Au petit-déjeuner, embarras. Peut-être à cause des discussions de la nuit dans la chambre d’Elena que je n’ai finalement pas pu ne pas entendre à cause d’une porte communicante. Morton Garrett silencieux, Elena vive et drôle à son ordinaire. Margaret n’est visiblement pas du matin. Mauro qui a abusé de la bière pendant la discussion nocturne a mal aux cheveux. Elena a reçu un mail de terpiekje qui a accéléré les démarches pour une visite au CHP Les Marronniers de Tournai. On nous attend à partir de 10 heures. Le nombre des visiteurs étant limité à 3, je m’attends à une discussion entre les quatre pour savoir qui ira. A ma grande surprise, Margaret semble effrayée par la rencontre. Mauro refuse net. De mauvaise humeur, il annonce qu’il va visiter Bruxelles qu’il ne connaît pas et se remettre du décalage horaire avant de repartir le lendemain matin, d’autant plus qu’il doit transiter par Londres. Je vais donc accompagner Elena et Morton Garrett à Tournai.

A Bruxelles Midi nous prenons le train de 8h23 pour Tournai où nous arrivons à 9h19. Pendant le voyage, nous parlons du procès voulu par le gamin. Morton Garrett s’interroge sur le mutisme du gamin alors qu’il semblait avoir voulu un procès pour tenter d’expliquer son geste, ou peut-être de s’expliquer à lui-même son geste. Qu’est-ce qui s’est passé ?

A la suite des vives réactions d’un habitant du Roeulx, je ne dirai rien de Tournai. Après les formalités d’entrée au CHP Les Marronniers, un médecin a demandé à nouveau au gamin s’il acceptait de recevoir cette visite, le gamin a acquiescé avec indifférence. Le seul moment où il a paru sortir de son apathie ç’a été quand il a regardé Morton Garrett. Il a été convenu qu’Elena lui parlerait. Pour moi il restera une silhouette déambulant lentement à contre-jour dans un couloir.

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Retour à Bruxelles à 16h53 où Margaret s’est arrangée (comment ?) pour rencontrer quelqu’un de la RTBF ! Nous sommes à Bruxelles où une grave crise politique pourrait mener à terme à l’éclatement de la Belgique, des incendies meurtriers ravagent la Grèce, et nous, nous sommes occupés par un fait-divers qui n’intéresse plus personne. Demain, Margaret pourra disposer des rares images tournées sur le meurtre. Mais demain, c’est lundi, jour du départ pour les quatre.
Elena rapporte la conversation décevante qu’elle a eue avec le gamin, tantôt parlant raisonnablement de sa vie aux Marronniers, tantôt s’égarant : « Ma mère a prostitué ma sœur… Je dois sortir d’ici car ils pratiquent la vivisection sur les patients… ma mère n’arrêtait pas de m’insulter… Elle a été transformée et manipulée par les services psychiatriques… Elle a une force diabolique… » puis revenant à un discours aux apparences rationnelles.
Le découragement semble gagner tout le monde. Elena souhaite revenir à Tournai le lendemain, le gamin l’a regardée avec insistance quand elle le lui a proposé, et l’équipe soignante était plutôt favorable. Margaret veut rester encore un jour. Morton Garrett n’en voit pas la nécessité, il a des obligations familiales, des soucis avec son fils d’après ce que j’ai cru comprendre. Mauro maintient son départ à 11 heures 45 pour Londres et monte se coucher sans saluer personne. Moi, je me demande ce que je fais là et si tout ça sert à quelque chose.
MB


arrivée

26 août, 2007

J’ai renoncé à publier dans les commentaires précédents les messages de celles et ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu venir à Bruxelles (merci à Luna, TSF, Sergio20239, blackdahlia, Shiva, seulette et aux autres pour leurs encouragements ou leurs excuses). Comme convenu, pendant ce week-end, c’est l’auteur de l’Organon, cette compagnie théâtrale suisse qui s’intéresse à notre quête, qui fera le compte-rendu. Je lui cède la parole en toute liberté.
Elena

Bonjour à toutes et à tous. Je vais donc tenir le journal de ces deux journées. Je ne ferai pas de littérature sur ce blog. La littérature, je la réserve, si je puis dire, à la compagnie de l’Organon qui répète sur les bords du lac Léman, à Vevey exactement, la pièce écrite en quelque sorte « en direct » à partir de ce que je vois.

le-roeulx.jpg

La rencontre à Bruxelles a été difficile. D’abord parce que Monique Biesebrouk, qui devait nous attendre avec une pancarte Image&Action n’a pu venir à cause d’un problème mécanique. Personne n’ayant les numéros de portable des autres, c’est Morton Garrett qui a eu l’idée de confectionner une pancarte de fortune, servant ainsi de repère aux autres qui tournaient en rond en regardant les voyageurs autour d’eux sans oser les aborder !
D’un commun accord, il a été décidé que les pseudonymes du blog continueraient d’être utilisés ici pour désigner les quatre personnes qui ont fait le voyage de Bruxelles : Morton Garrett, Tullio di Mauro, Elena Makropoulos, Margaret Petticoat. J’ignore d’ailleurs leurs véritables noms.

Morton Garrett est plutôt imposant mais pas enveloppé, francophone en dépit de son pseudo. Tullio di Mauro est mince sinon maigre, parle avec un accent canadien. Elena Makropoulos (son pseudo signifie-t-il qu’elle apprécie les opéras de Janaeck ?) a une quarantaine d’années, vive, drôle, tandis que Margaret Petticoat est très jeune et parle avec un accent que je suis incapable de définir. La rencontre ne s’est pas faite sans une gêne inévitable en pareil cas : on imagine toujours les autres différemment d’après leurs commentaires.
Après la première rencontre à l’aéroport, ils se sont séparés. Tullio di Mauro est allé retrouver Monique Biesebrouk au Roeulx, Elena Makropoulos est partie pour Liège où elle devait retrouver « terpiekje » qui est psy, Margaret Petticoat devait rencontrer un magistrat qui avait suivi le cas du gamin. (Je dis « le gamin » mais il est à présent majeur, il était encore mineur pour peu de temps au moment des faits.)

Après un passage à l’hôtel (Hôtel A la Grande Cloche, place Rouppe, mais Margaret Petticoat décide de changer et d’aller dans un hôtel plus en rapport avec ses moyens, à l’Hôtel Barry, place Anneessens), je décide de suivre Tullio di Mauro au Roeulx, à 45 km au sud de Bruxelles. Maisons de briques, certaines anciennes. Rien de triste comme je me l’imaginais. Nous attendons Monique Biesebrouk devant la maison communale du 19e siècle, pour repartir vers un village proche. Un arrêté du bourgmestre du Roeulx, monsieur Friart, ordonne, devant la recrudescence de chiens en liberté dans la commune, le recensement au bureau de M. Verbeiren « des chiens potentiellement dangereux », sous peine d’une amende de 250 €.

Monique Biesebrouk a les cheveux presque blancs à force d’être blonds, entre quarante et cinquante ans. Solide bon sens quand Mauro qui n’a pas cessé de récriminer depuis le départ de Bruxelles met en doute une nouvelle fois la véracité de cette histoire. Nous prenons sa voiture pour nous rendre dans un village voisin où elle va nous montrer la maison. Elle a emprunté la clé à l’architecte, la maison a été vendue et des travaux de rénovation ont commencé. Pendant la visite, Mauro filme l’intérieur de la maison. Pour la première fois depuis notre rencontre à l’aéroport, je le vois impressionné.
Voici la vidéo tournée par Mauro.

Je ne sais pas conduire, c’est donc Mauro qui nous ramène à Bruxelles, à présent volubile mais encore sceptique quant à la vidéo. La grisaille du matin s’est dissipée, le ciel est nuageux. Monique Biesebrouk nous a dit que nous avions de la chance après les pluies continuelles des derniers jours.
Mauro, Elena, Margaret Petticoat et Morton Garrett se retrouvent à l’hôtel. Je parle le moins possible pour rester un observateur à la fois dedans et dehors. De l’entretien de Margaret avec le magistrat, il ressort que le gamin (c’est ainsi qu’ils l’appellent et je ferai dorénavant pareil) a fait l’objet d’un examen psychiatrique dont le résultat a été contradictoire. Le gamin a pourtant insisté pour être jugé mais pendant le procès qui s’est déroulé à huis-clos (A. était mineur au moment des faits) il n’a pas dit un mot. A l’issue de ce procès « inutile » selon le magistrat, A. a été interné dans l’établissement de défense de la société des Marronniers à Tournai où il se trouve depuis lors. Morton Garrett a retrouvé quelques articles de journal, plutôt des entrefilets, que je publierai sur le blog dès que je pourrai les scanner.
La rencontre d’Elena avec « terpiekje » à Liège a été plus fructueuse. Ils doivent se retrouver demain dimanche à Tournai. Je devrais dire aujourd’hui : j’écris ce premier compte-rendu dans ma chambre d’hôtel, et il est deux heures du matin. Dans la chambre voisine, celle d’Elena, j’entends vaguement le son de leurs voix. Ils ont entamé tout à l’heure une conversation quelque peu personnelle sur des souvenirs d’enfance, j’ai préféré me retirer.
MB


rendez-vous à Bruxelles

19 août, 2007

J’ai commencé à publier dans les commentaires de l’article précédent les réponses de ceux qui ont accepté de se retrouver le 25 août à l’aéroport de Bruxelles. Je sais que tout ça arrive de façon précipitée et improvisée. Si ce n’avait pas été le cas, peut-être que nous n’aurions pas eu la volonté ni le courage d’aller là-bas.
Pour répondre à northern_star, pour ceux qui ne peuvent pas venir, soit parce qu’ils se trouvent trop loin comme John Doe, soit parce qu’ils ne peuvent pas le faire, un compte-rendu de la journée. Je propose que ce soit l’auteur de la compagnie théâtrale de Lausanne qui le fasse.

Un débat s’est installé entrre certains d’entre vous qui ne concernent pas directement notre sujet sur le théâtre en général. Je le publierai dès que je pourrai.

Je vous rappelle le rendez-vous : aéroport international de Bruxelles, point de rencontre, samedi 25 août 14 heures.

Ceux dont l’avion ou le train arriverait plus tard sont priés de me le faire savoir. Il est important que ceux qui peuvent venir m’en informent, Monique Biesebrouk devant réserver les chambres d’hôtel.