mardi 11 (Mourmansk, Russie)

11 septembre, 2007

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Je laisse à Elena le soin de conclure cette quête, ou de continuer.
Dans le train, une babouchka et sa gamine boutonneuse qui n’arrête pas de ricaner bêtement. Puis un type, 30 ans, l’air d’en avoir 50, qui ronfle. Puis une fille tout habillée de noir avec un collier de chien autour du cou qui boit de la bière dans une bouteille de 2 litres en écoutant du métal. Pas grave, il n’y en a que pour 27 heures jusqu’à Mourmansk. « Qu’est-ce que vous venez foutre à Mourmansk ? Il y a 274 réacteurs nucléaires qui pourrissent dans la péninsule de Kola. » Ses dents blanches brillent dans la pénombre du compartiment.
J’ai rendez-vous avec un certain Igor Futterer, passage Portovy. C’est lui qui a relevé dans les Известия que des chiens se rassemblaient à deux endroits de la périphérie de la ville. (Je lui ai montré le commentaire posté jeudi dernier)
Au-dessus de Mourmansk, le ciel est couvert. Il fait à peine 10 degrés. « Je t’accompagne » dit Hécate, c’est le nom de la fille, ou c’est ce que j’ai cru comprendre.
MB

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jeudi 6, sur l’Euripe (Grèce)

7 septembre, 2007

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Toujours pas de nouvelles de Morton Garrett. Il n’a pas dormi dans sa chambre d’hôtel. Elena parle de prévenir la police, puis va se baigner à Nauplie. Mauro, qui ne supporte pas le soleil, reste enfermé dans sa chambre, tous volets fermés.
Dans les ruines de Mycènes, Diamandis Kavvadias guide un groupe de touristes français braillards. Cela fait deux jours qu’il n’a plus vu le gamin.
Ce soir, au Théâtre l’Oriental de Vevey, sur les bords du Lac Léman, aura lieu la première de « Du rouge dans les yeux », cette pièce qui prend pour objet cette quête d’un gamin meurtrier évanoui sur cette vieille terre. Avant-hier, j’ai envoyé à la Compagnie de l’Organon une fin possible.
Elena referme Harry Potter d’un geste sec et dit que la fin est exactement ce qu’elle avait prévu, puis ajoute en me regardant dans les yeux : « on ne peut pas vivre dans ce pays, ce pays ne parle que du passé, et son passé, son passé pour les touristes, il ne le connaît même pas. » Maintenant elle mouille son doigt, gratte soigneusement sur son mollet pour libérer les poils couchés par un récent rasage, elle se tait.
Il y a quelque chose d’absurde à être là, sur les bords de l’Euripe, tandis que d’autres, en Suisse, jouent le rôle de ces quatre dont je ne suis même pas sûr de connaître les véritables noms, sans compter ceux qui les suivent et dialoguent avec eux de loin, à regarder le courant couler tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, à la poursuite d’un gamin fantôme qui, peut-être simplement parce que nous sommes là, s’est mis à ressembler à Oreste.
MB

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mercredi (Mycènes, Grèce)

5 septembre, 2007

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Mauro, Margaret et Elena attendant Diamandis Kavvadias devant la Porte des Lionnes.
Surprise au petit-déjeuner : il n’y a là qu’Elena, Margaret et Mauro. Morton Garrett a disparu. Nous avons rendez-vous avec Diamandis Kavvadias sous la Porte des Lionnes, et nous ne pouvons attendre Morton Garrett plus longtemps. Diamandis Kavvadias est guide pour les touristes, français approximatif, cheveux gras, auréoles de sueur sous les aisselles, un petit gros qui n’arrête pas de s’éponger le visage avec son mouchoir.
Il avait rassemblé son groupe devant la Porte des Lionnes et il a cru apercevoir le gamin de l’autre côté. Il a amené son groupe devant le cercle des tombes royales et là, il l’a bien reconnu, à trois mètres de lui. Il en est absolument sûr. La vidéo l’avait beaucoup intéressé. (A quel titre ?) Il a vu ensuite le gamin monter le long du chemin qui mène au Palais des Atrides. Quelque chose l’a frappé : le gamin avait des mouvements saccadés. Il n’a pas pu le suivre à cause du groupe d’Allemands qu’il guidait.
A deux reprises, Diamandis Kavvadias s’est interrompu pour chasser un chien errant à coups de pierre. Les Grecs ne sont pas tendres pour les animaux : les chiens et les chats de Grèce sont les plus pitoyables. Il remarque les regards que Mauro, elena et Margaret s’échangent, se méprend, veut s’excuser en disant qu’il n’y jamais vu autant de chiens errants dans les ruines.
Cela fait deux jours qu’il voit errer le gamin. Comment se nourrit-il ? demande Margaret : il ne doit pas avoir d’argent. Le guide rit : il y a assez de touristes à Mycènes pour qu’il puisse trouver de quoi manger. Nous comprenons que, la nuit, le gamin fait les poubelles sur le parking.
Nous rentrons à l’hôtel. Morton Garrett n’est toujours pas là.
MB


mardi (Mycènes, Grèce)

5 septembre, 2007

Tout au long de ces derniers jours, parfois des nuits, j’ai pris note de ce que disaient Morton Garrett, Mauro, Margaret et Elena, de leurs attitudes devant les choses matérielles, la vie en général. A présent, je fais partie des meubles, ils ne font plus attention au petit carnet de notes noir qui ne me quitte jamais. Tous ces jours, j’ai envoyé à la Compagnie de l’Organon des bouts de scènes, des dialogues, des messages d’internautes arrivés sur ce blog, des cartes, des plans, des photos, des réflexions personnelles. Est-ce que ça fait une pièce de théâtre, pour reprendre le fil de la conversation avec « Felsenstin » de Freiburg-Breisgau ? Peut-être que l’écriture théâtrale, ce sera ça dans l’avenir ? Au théâtre L’Oriental de Vevey, jeudi soir, aura lieu la première de la pièce. C’est Elena et Mauro qui ont trouvé le titre : Elena quand elle a rapporté une phrase du gamin, « j’ai vu son crâne ouvert c’était rouge j’ai frappé jusqu’à ce que je vois dans mes yeux ce que je voyais dans sa tête », Mauro parce qu’il a dit que les yeux des chiens qui se rassemblent devant chez Ozzie’s pleurent du sang. La première de « Du rouge dans les yeux », donc, était prévue depuis longtemps. Je n’y assisterai pas. Après de longs débats, nous avons pris hier soir le vol Olympic Airways 005 pour Athènes Venizelos.
(lundi soir, New York, aéroport JFK)

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L’évasion du gamin du CHP Les Marronniers de Tournai a plongé Elena, Mauro, Morton Garrett et Margaret dans le désarroi. Seule Margaret semble éprouver de l’inquiétude après le dernier message de terpiekje : « il va retourner contre lui la haine projetée sur l’autre par le matricide, et puis dans un moment de décompensation de la psychose, il se retrouvera face à la réalité et il se suicidera ». Pourquoi ont-ils décidé de faire davantage confiance au message de Diamandis Kavvadias (pseudonyme transparent : Diamandis est le pilotin du roman de Nikos Kavvadias, « Le Quart ») plutôt qu’à celui de Marieke ?
Mauro affiche toujours son scepticisme, que cherche-t-il en poursuivant cette quête en creux ? A l’aéroport d’Athènes Venizelos, la jeune femme supposée nous attendre avec notre voiture de location n’est pas là. Quand elle arrive enfin, j’admire son profil grec. Jusqu’à ce que j’apprenne qu’elle est tchèque… Personne ne semble être réellement ce que l’on croit : j’ai entendu Elena parler polonais dans son portable. Morton Garrett a vu une pancarte « Morton », s’est approché en pensant que son porteur pouvait être envoyé par l’agence de location, erreur, puis il engage avec cet homme une conversation dans une langue slave, du serbo-croate je suppose. Margaret fait la tête. Quand je lui demande si elle n’est pas contente d’être chez elle et d’avoir l’occasion de revoir ses parents, elle me répond sèchement : « je ne suis pas chez moi et je déteste mon pays ». Pourtant au cours de la descente sur Athènes – j’étais assis à côté d’elle alors qu’elle lisait le dernier Harry Potter en anglais – des larmes coulaient sur ses joues tandis qu’elle regardait par le hublot les colonnes de fumée montant du sol.
Par l’isthme de Corinthe, en slalomant entre les incendies, nous gagnons Mycènes où nous avons rendez-vous demain mercredi avec « Diamandis Kavvadias ». La Grèce tout entière n’est qu’un champ de cendres encore chaudes.
(mardi soir, Mycènes, à l’Hôtel La Petite Planète – tenu par la famille Ntasi, hommage au Petit Prince de Saint-Exupéry)
MB

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Le nuage de fumée des incendies s’étend au-dessus de Mycènes, l’air est âcre, on crache noir. Impression de la fin d’un monde.


dimanche (Brooklyn, New York)

3 septembre, 2007

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Nous avons décidément fait d’Ozzie’s notre cantine (thank you, Rachel, for your fotos !). Ce matin, comme d’habitude, les chiens se sont rassemblés devant Brooklyn Kitchens & Baths, John Doe a noté qu’ils ont pris un peu de retard à la suite d’un incident qui a plongé Margaret dans une sorte de terreur.
Il était 09:30 – les chiens étaient tous là – quand un motard est passé. Immédiatement cinq ou six des chiens lui ont couru après en essayant de le mordre. La chienne jaune en a sévèrement corrigé deux et tout est rentré dans l’ordre. Mais Margaret était blanche. Elle a murmuré quelque chose, et sa voix tremblait. Mauro a demandé quelle langue elle parlait, si c’était du grec, si elle parlait grec. Elle a cité :
Χτες το βράδυ είδα έναν φίλο
σαν ξωτικό να τριγυρνά
πάνω στην μοτοσυκλέττα
και πίσω τρέχανε σκυλιά
« J’ai vu un ami errer comme un esprit sur la moto et des chiens couraient après lui. » C’est une chanson de Sotiria Bellou, une magnifique chanteuse de rebetiko morte en 1997 dans la pauvreté et l’oubli, lesbienne, rebelle, engagée dans la Résistance.

Nous ignorions que Margaret était d’origine grecque.
Mais cet incident a rappelé à Elena la phrase prononcée par le gamin à l’hôpital psychiatrique des Marronniers à Tournai. Nous avons réécouté dix fois l’enregistrement nettoyé par un technicien de la RTBF. Il ne fait aucun doute qu’après avoir crié, en faisant tomber derrière lui chaise et table comme pour mettre des obstacles entre eux et lui, « les chiens ! les chiens ! » le gamin a dit d’une voix qui n’était pas la sienne : « prends bien garde aux chiennes de ta mère ».
Cette phrase, Elena la recherchait en vain dans sa mémoire. C’est là qu’elle s’est rappelé : cette phrase, c’est le vers 914 de l’Orestie d’Eschyle, des Choéphores plus exactement, la 2e tragédie de la trilogie. C’est l’avertissement que lance Clytemnestre à son fils Oreste qui s’apprête à l’égorger.
Elena veut rentrer en Europe le plus vite possible. Le gamin n’a pas fait d’études très poussées, il avait des difficultés à l’école, conséquences d’une vie familiale chaotique avant puis après la mort du père. Elena veut donc revenir à Tournai et apprendre du gamin où il a pu lire ou entendre cette phrase. Certainement pas à la télévision.
Morton Garrett veut rentrer lui aussi, je crois avoir dit qu’il a des problèmes avec son fils.
Mauro nous étonne une fois de plus : il veut lui aussi revenir en Europe après être passé chez lui à Montréal ; il a quelques moyens et son travail ne recommence pas tout de suite, et surtout il veut avoir des preuves ou que cette histoire est truquée, ou qu’elle est véridique.
Margaret a bien compris la phrase du gamin, elle savait bien qu’il s’agissait d’un vers d’Eschyle. Pourquoi n’a-t-elle rien dit ?
Nous prenons congé de John Doe désolé que nous partions si vite. Il va continuer à tenir à jour la comptabilité et l’horaire des chiens.
MB


samedi (Brooklyn, New York)

2 septembre, 2007

Ozzie’s, à l’angle de 5th Avenue et de Garfield Place

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Ozzie’s, à l’angle de 5th Avenue et de Garfield Place (les photos ont été prises par une amie de John Doe, Rachel Anne Levy, que je remercie). Depuis l’intérieur, la table qu’occupe habituellement John Doe donne sur le carrefour. En face, Brooklyn Kitchens & Baths : c’est devant ce magasin que se rassemblent les chiens.

Chez Ozzie’s à 8:30. Margaret me demande : « Vous y croyez, vous, à cette histoire ? » sans savoir que Mauro, qui vient d’aller aux toilettes, vient de me poser la même question.
Elena a renoncé à publier sur ce blog les réactions qui se sont accumulées depuis avant-hier : incrédulité, hypothèses extravagantes, anecdotes personnelles et même protestations parce que personne n’appelle la SPA. Il y a aussi plusieurs personnes qui affirment avoir vu le gamin en plusieurs endroits différents. Je ne suis ici qu’un hôte momentané et je laisse Elena s’en expliquer quand elle le décidera.
A « Felsenstin » qui me demande depuis Freiburg-Brisgau ce que je pense de tout ça, je réponds que j’envoie quotidiennement une scène à la Compagnie de l’Organon qui répète en Suisse, à Vevey, Théâtre L’Oriental, une pièce dont j’ignore, assis à cette table de chez Ozzie’s, à quoi elle pourra bien ressembler.
En fait, vu depuis la table de John Doe, le phénomène – si je puis dire – n’a rien de particulièrement impressionnant. Les chiens ne restent sur place tous ensemble que quelques minutes puis s’en vont ou bien vers le fond de Garfield Place, ou bien par Carroll Street. Les habitants du quartier n’y prêtent d’ailleurs même plus attention, ils font simplement un détour. Les chiens sont parfaitement indifférents aux humains.
Le seul événement remarquable d’aujourd’hui – incroyable comme on peut devenir rapidement blasé, même devant les phénomènes qui sortent de l’ordinaire – est que le bâtard de berger allemand a été remplacé par une bête qui tient plus du loup ou du coyote que du chien, au poil râpé. John Doe a noté comme d’habitude les arrivées des uns et des autres à la seconde près. Les chiens sont partis subitement à la même heure qu’hier, à quelques secondes près.
John Doe les a suivis en vélo, accompagné par Margaret qui a emprunté des rollers. Ils sont revenus peu après 11 heures avec Elena et Morton Garrett qui ont attendu en vain Sullivan Street : les chiens sont arrivés par Wolcott Street.

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Morton Garrett a interrogé plusieurs employés. Ils ont remarqué le manège des chiens depuis le printemps, sans plus. Le périmètre est vaste. Où vont-ils ? Les employés ont haussé les épaules : ils DISPARAISSENT entre les containers, les docks, les terrains vagues.
Nous en venons presque à douter de leur existence réelle, s’il n’y avait cette odeur qui nous reste dans les narines longtemps après qu’ils ont disparu – et la morsure au mollet de Morton Garrett qui s’est infectée.
MB


vendredi (Brooklyn, New York)

31 août, 2007

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L’averse nous surprend juste au moment où nous nous retrouvons chez Ozzie’s.
Le temps est à l’orage, l’air est moite, 71% d’humidité.
Nous sommes arrivés hier soir à JFK Airport par le vol AA 121 au départ de Roissy Charles de Gaulle, il était impossible de partir de Bruxelles.
Mauro n’a pas dormi. Il n’a pas voulu changer son billet de retour vers Montréal. Comme il n’est pas passé chez lui,ses vêtements sont passablement fripés, il est de méchante humeur. Elena et Morton Garrett qui ont trouvé des chambres à l’Holiday Inn Express proche, sur Union Street et 4th, râlent contre le prix faramineux de la nuitée. Cette quête commence à revenir très cher.
Pour une fois, Margaret a l’air sereine : elle qui se fait des amis partout a trouvé un hébergement chez des connaissances. Mauro a un cousin chauffeur de taxi chez qui il logera cette nuit.

« John Doe » est grand, gay, porte un tee-shirt avec l’inscription NYU et un anneau d’or à l’oreille droite. Il nous accueille chaleureusement, nous offre un capuccino, excellent – je recommande aussi les muffins. Lorsqu’il se met à nous détailler sur son computer les horaires d’arrivée des chiens depuis fin mars 2007, jour, heure, minute, seconde, Margaret me regarde et se frappe la tempe. Mauro n’écoute pas et considère d’un air lugubre le carrefour de Garfield et de 5th sous la pluie battante. Il fait remarquer qu’il est 9 heures et que ce n’est pas un temps à mettre un chien dehors. Personne ne rit. Morton Garrett et Elena semblent se demander ce qu’ils font là en écoutant les explications détaillées de John Doe.

09:05:47, l’averse cesse et la chienne jaune paraît, elle est trempée et sale. De minute en minute, les chiens arrivent dans l’ordre habituel. John Doe nous fait cependant remarquer que le Schnauzer (pour autant qu’on puisse le qualifier ainsi) est arrivé 3 minutes après le Doberman à la démarche en crabe. La meute grossit de minute en minute. Mauro lui-même qui déclarait quelques minutes plus tôt être comme saint Thomas demeure silencieux.
Le taxi commandé pour Mauro et Elena est là. John Doe nous fait signe de venir. Il a son vélo dehors, contre la rampe qui sert aux livraisons – et aux poussettes. Il est 09:20. Morton Garrett qui s’approche trop près en voulant prendre une photo de la meute se fait légèrement mordre au mollet par la chienne jaune. On voit bien qu’il s’agissait juste d’une morsure d’intimidation, un avertissement comme « Occupez-vous de vos affaires ».
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Ces chiens sentent affreusement mauvais, leurs yeux sont sanguinolents, l’un d’eux bave du sang sans qu’il paraisse en souffrir. John Doe est déjà sur son vélo et attend, casque de cycliste sur la tête.

A 09:26, la chienne jaune qui s’était couchée devant Brooklyn Kitchens & Baths relève la tête comme si elle avait entendu un signal inaudible pour nous et descend à toute allure Garfield Place suivie par la meute.
John Doe s’élance derrière les chiens sur son vélo, et nous courons derrière. Nous devons présenter un drôle de spectacle. Morton Garrett est assez vite dispensé à cause de sa corpulence, Margaret commence à s’essouffler (le tabac, sans doute).

Tout en courant je note le parcours sur mon carnet. Le voici :
Garfield Place – à gauche sur 4th Avenue, puis à droite sur 3nd Street. Nous franchissons le canal, à gauche sur Smith Street où je dois m’arrêter hors d’haleine. Nous apprendrons par la suite que les chiens ont inauguré ce jour-là une variante, retrouvant ensuite leur itinéraire habituel : Huntington Street – Richards Street – Sullivan Street.
Je publierai un plan de cet itinéraire quasi invariable dès que je saurai mieux manipuler les fonctions de ce blog.
A Sullivan Street, où attendent Morton Garrett et Elena, trop confiants dans le fait que la rue se termine en impasse sur le port, les chiens suivis de près par John Doe sur son vélo, s’enfilent l’un à la suite de l’autre par le trou d’une palissade menant à des docks. L’endroit est désert. Elena et John Doe finissent par dénicher deux employés, un noir, l’autre hispanique, qui n’ont rien vu. Elena et John Doe notent l’heure : il est 10:15.
Rentrée à l’Holiday Inn, Elena téléphone au CHP Les Marronniers de Tournai : le gamin a commencé à crier et à se recroqueviller de douleur à 16:42 heure locale, soit une demi heure après que les chient ont disparu à Red Hook.
Nous décidons de revenir demain et de fouiller la zone entre Sullivan Street et Wolcott Street, bien que nous ne nous fassions guère d’illusions sur la possibilité d’explorer ces dépôts de containers et ces friches industrielles.
MB